Nouvelles chroniques !

Théatre, musique, dessin, litterature, philosophie [...] bienvenue soit au superflu !

30 juin 2009

Incendies et les mille et une nuits.

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L'écriture de Wajdi Mouawad est une de celles que l'on peut qualifier d'humaniste et d'authentique, retranscrivant  passion et blessures de l'Homme.

Au travers d'Incendies, dans une esthétique très épique, W. M. nous donne à lire l'histoire de cette femme: Nawal, déchirée entre passé et présent, temple des secrets silencieux. Elle passe ses journées dans des procès qui n'ont aucun sens aux yeux de ses enfants, depuis des années. Un jour, elle rentre chez elle et se tait, et ne parlera plus jusqu'à sa mort. Percera-t-on le secret de son silence? Nawal vient de mourir, et laisse ses deux enfants, faux jumeaux d'environ une vingtaine d'années, Jeanne et Simon, qui ne comprennent pas les causes ni de son silence ni de la froideur du testament ou elle leur lègue - ce qui parait à leur yeux comme - quelques bricoles. Il se retrouvent dans le cabinet du notaire et ami de Nawal: Hermile Lebel. Nawal laisse deux lettres à ses enfants: une pour leur père et l'autre pour leur frère, qu'ils doivent retrouver. Les enfants ne sont pas au bout de leurs surprises, ils ne connaissaient aucunement l'existence de ces deux êtres et devront après s'être résigner à la demande de leur défunte mère, partir à la recherche d'un passé énigmatique. Ce passé tourbillonnant autour d'eux leur fera découvrir alors l'horreur.

C'est dans un drame que nous entrons, car nous y entrons vraiment, et nous n'en ressortons pas indemne. Au milieu de tous ces malheurs et ces désillusions nous cueillons des moments de légèreté mais aussi et surtout de l'esperance, la foi en la beauté humaine.

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07 décembre 2008

Présentation un peu plus concrète de Juste la fin du monde !


Sur la quatrième de couverture on peut lire:

"Le fils retourne dans sa famille pour l'informer de sa mort prochaine.
Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l'on se dit l'amour que l'on se porte à travers les éternelles querelles. De cette visite qu'il voulait définitive, le fils repartira sans avoir rien dit."

Lagarce nous livre la peinture d'une famille qui se redécouvre à travers des querelles. Louis vient remuer le couteau dans la plais. Les personnages tournent autour du pot. A travers la superficialité de leur discours se révèlent les blessures. On entend dire que Juste la fin du monde est une pièce qui met en relief l'incapacité de "dire, seulement dire" à ceux qu'on aime. Je me suis demandé si l'écriture de Lagarce ne serait pas - un peu - une certaine parodie des dialogues humains lorsque j'ai lu son texte qui se veut (très) fragmenté. J'ai du mal à penser que nos dialogues en réalité puissent l'être autant... Peut-être.. Mais le théâtre n'est pas là pour nous mener dans un autre réel que celui que nous subissons déjà. Je pense ce texte vraiment beau, car moi-même je fais ce rapprochement - et j'imagine que chacun pourrait le faire- avec les relations que j'entretiens avec ma propre famille. C'est beau de voir à quel point il nous reste, à nous Hommes, des "points communs"; même s'ils ne sont pas forcement ceux qu'on eu voulu trouver là.

Nysaea

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Juste la fin de monde - Suzanne

Voici une partie du monologue de Suzanne de Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce.

[...]

C'est étrange,
je voulais être heureuse et l'être avec toi
- on se dit ça, on se prépare -
et je te fais des reproches et tu m'écoutes,
tu sembles m'écouter sans m'interrompre.

J'habite toujours ici avec elle.
Antoine et Catherine, avec les enfants
- je suis la marraine de Louis -
ont une petite maison, pavillon, j'allais rectifier,
je ne sais pas pourquoi tu dois aimer (ce que je pense)
tu dois aimer ces légères nuances, petite maison, bon,
comme bien d'autres, à quelques kilomètres de nous, par là, vers la piscine découverte omnisports,
tu prends le bus 9 et ensuite le bus 62 et ensuite tu dois marcher encore un peu.
C'est bien, cela ne me plait pas, je n'y vais jamais mais c'est bien.
Je ne sais pas pourquoi,
je parle,
et cela me donne presque envie de pleurer,
tout ça,
que Antoine habite près de la piscine.
Non, ce n'est pas bien,
c'est un quartier plutôt laid, ils reconstruisent mais cela ne peut pas s'arranger,
je n'aime pas du tout l'endroit où il habite, c'est loin,
je n'aime pas,
ils viennent toujours ici et nous n'allons jamais là-bas.
Ces cartes postales, tu aurais pu mieux les choisir, je ne sais pas, je les aurais collées au mur, j'aurais pu les montrer aux autres filles!
Bon. Ce n'est rien.
[...]

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11 juin 2008

Introduction à Incendies

"Maintenant que nous sommes ensemble, ça va mieux."

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17 octobre 2007

Don Juan - Acte V Scène 2 - Tirade de l'hypocrisie

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DOM JUAN:

              Il n'y a plus de honte maintenant à cela: l'hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus. Le personnage d'homme de bien est le meilleur de tous les personnages qu'on puisse jouer aujourd'hui, et la profession d'hypocrite a de merveilleux avantages. C'est un art de qui l'imposture est toujours respectée; et quoiqu'on la découvre, on n'ose rien dire contre elle. Tous les autres vices des hommes sont exposés à la censure, et chacun a la liberté de les attaquer hautement; mais l'hypocrisie est un vice privilégié, qui, de sa main, ferme la bouche à tout le monde, et jouit en repos d'une impunité souveraine. On lie, à force de grimaces, une société étroite avec tous les gens du parti. Qui en choque un, se les jette tous sur les bras; et ceux que l'on sait même agir de bonne foi là-dessus, et que chacun connaît pour être véritablement touchés, ceux-là, dis-je, sont toujours les dupes des autres; ils donnent hautement dans le panneau des grimaciers, et appuient aveuglément les singes de leurs actions. Combien crois-tu que j'en connaisse qui, par ce stratagème, ont rhabillé adroitement les désordres de leur jeunesse, qui se sont fait un bouclier du manteau de la religion, et, sous cet habit respecté, ont la permission d'être les plus méchants hommes du monde? On a beau savoir leurs intrigues et les connaître pour ce qu'ils sont, ils ne laissent pas pour cela d'être en crédit parmi les gens; et quelque baissement de tête, un soupir mortifié, et deux roulements d'yeux rajustent dans le monde tout ce qu'ils peuvent faire. C'est sous cet abri favorable que je veux me sauver, et mettre en sûreté mes affaires. Je ne quitterai point mes douces habitudes; mais j'aurai soin de me cacher et me divertirai à petit bruit. Que si je viens à être découvert, je verrai, sans me remuer, prendre mes intérêts à toute la cabale, et je serai défendu par elle envers et contre tous. Enfin c'est là le vrai moyen de faire impunément tout ce que je voudrai. Je m'érigerai en censeur des actions d'autrui, jugerai mal de tout le monde, et n'aurai bonne opinion que de moi. Dès qu'une fois on m'aura choqué tant soit peu, je ne pardonnerai jamais et garderai tout doucement une haine irréconciliable. Je ferai le vengeur des intérêts du Ciel, et, sous ce prétexte commode, je pousserai mes ennemis, je les accuserai d'impiété, et saurai déchaîner contre eux des zélés indiscrets, qui, sans connaissance de cause, crieront en public contre eux, qui les accableront d'injures, et les damneront hautement de leur autorité privée. C'est ainsi qu'il faut profiter des faiblesses des hommes, et qu'un sage esprit s'accommode aux vices de son siècle.

***

Une tirade que j'aime beaucoup, c'est sans doute le passage qui m'a le plus sauté aux yeux lors de ma première lecture, ce étant du au dégout que je porte sur l'hypocrisie. Cette scène est sans aucun doute un retour de veste de Molière contre les prévos "une société étroite avec tous les gens du parti" qui reste cependant encore applicable à notre époque. Je ne dis non pas qu'il faille appliquer la morale de Don Juan, mais que cet extrait ironique est encore et largement valable de nos jours à l'encontre notre société mais aussi envers la plupart de nos concitoyens.

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Posté par nysaea à 19:32 - Théâtre - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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