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09 janvier 2009

Le théâtre au lycée - JDB 06/01/09

ballet

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06/01/09

Bonne année !

Un bouleversement ! : nous devions, courant janvier, donner un aperçu de notre travail théâtral à nos camarades lycéens ; nous pensions au départ simplement présenter l’enchaînement des monologues de Juste la fin du monde filmés, les projetant sans doute dans une salle du lycée. Mais en ce premier mardi de 2009 quelle fut notre – en tout cas ma – surprise lorsque Julien et Marc nous proposèrent d’inventer une installation d’art contemporain. Qu’est-ce donc réellement ? C’est une installation tout d’abord éphémère, on place le spectateur au milieu d’une expérience sensorielle : J et M nous ont expliqué : nous avons grâce à l’informaticien du lycée (un grand merci) à dispositions des espèces de casiers dans lesquels nous mettrons des ordinateurs : sur UN ordinateur on pourra visionner UN monologue dit par UNE personne (avec l’aide d’un casque, ainsi le « spectateur » sera immergé ). L’idée est donc de disposer un casier dans lequel se trouve le pc par monologue (l’informaticien s’est proposé pour installer le programme pour visionner les monologues), ainsi les lycéens pourront voir par bribes l’histoire de cette famille – je pense qu’il ne serait pas bon de donner d’explications (d’ou vient le texte, de quoi parle t-il etc) ainsi chacun pourra donner sa propre interprétation – ainsi, il ne sera pas limité par l’histoire - . Ce qui pourrait être intéressant serait de mettre un livre d’or pour recueillir ce que chacun à ressenti, a compris en lui même. Ces monologues parlent d’universalité – à mon sens – et je pense que chaque être peut se retrouver un peu dedans : le texte rapporte ce que sont que les relations familiales, comment se comporte t-on avec sa famille ; comment lui annoncer certaines choses – des choses simples et bêtes, d’autres bien moins – . Il nous faut trouver un titre et si l’on veut mettre à disposition une explication : je pense qu’il faudrait mieux mettre un petit mort « Rendez-vous au théâtre d’Herblay en fin d’année, des affiches vous renseignerons. » pour les curieux, sans rien dévoiler d’autre ; pour titre je penserai à un mot ou une phrase qui pourrait montrer le caractère universel des relations humaines. J’y réfléchis.

Nous continuons donc le travail des monologues à la caméra, cela met beaucoup plus de temps que prévu. Un atelier caméra/son se met en place – on avait déjà plus ou moins déterminé l’apparence des personnages – ainsi qu’un atelier maquillage ( nous vieillissons la mère et donnons un coté « m’as tu vu » à Suzanne (« je ne suis pas mal ») ; nous changeons de coiffure, le personnage n’est pas nous même s’il y ressemble) et nous avons choisi différents fonds suivant les personnages pour aider à mieux les reconnaître.

Je joue le rôle de Suzanne, celles qui ont du texte avant moi lui ont donné un caractère joyeux, une jeune fille (femme ? ) assez dans le mouvement. Malheureusement pour mon premier passage la caméra n’a plus de batterie mais je passe quand même comme si la caméra filmait encore : c’est très déstabilisant, quelqu’un se met dans l’alignement de la camera (cela est fait pour tout les monologues) pour que je m’adresse à lui, que cela donne bien l’impression que je parle à quelqu’un et non pas à la camera seulement. On m’a fait le reproche d’être assez triste, posée alors que mon texte en fait est remplit de choses banales à dire et qui donnerait en résumant « oui j’habite toujours ici, Antoine est parti, il a une petite maison on y va comme ça et ça, mais en fait je n’aime pas etc.. » : on m’a fait comprendre que j’allais chercher trop loin dans le texte, car pour moi le fait qu’elle habitait toujours avec sa mère (elle dit qu’elle veut partir plus loin dans le texte) la rendait plutôt triste, Antoine est parti et qu’elle n’aime pas l’endroit où il habite : elle doit se sentir encore plus abandonnée etc. Mais en fait elle raconte à Louis des choses qu’il devrait savoir, des banalités, des choses simples. Il faut donc ouvrir le texte et ne pas chercher plus loin ce qu’il pourrait dire mais qu’il ne dit pas, l’écriture de Lagarce est « simple », pas besoin de donner de tournant psychologique ou que sais-je de plus à un texte qui relate les aléas d’une vie. J’ai ensuite appliqué ce que l’on m’a fait comprendre, jouant une jeune fille souriante – mais ce sourire veut bien dire des chose, c’est le reproche à Louis de ne pas savoir ces petites choses banales – dans une certaine maladresse, elle comble le silence de Louis. Le texte se suffit à lui même, on se concentre et les gestes vont avec les paroles, les silences restent justes, encore plus si l’on a un trou dans le texte car cela résume bien les personnages : que dire pour combler ton silence? Comment dire ce que j’ai à te reprocher ?

Posté par nysaea à 00:07 - Le théâtre au lycée - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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